Libellés

mardi 28 mai 2013

Poème

En lisant Baudelaire sur la Grande Allée

Autour des tombeaux
Endormis là-haut
S'agitent les korrigans
Danses des plaisirs
Des cris et des rires
Sous un solaire éclat blanc
La danse endiablée
Sous ciel argenté
Anime la voie romaine
Inspire le poète
Sur la lande en fête
Où chante l'eau des fontaines.

Là, tout est sérénité
Rêves bleus, calme et beauté.


Vois sur la colline
L'ombre de ces ruines
Témoignages du passé
Où les habitants
Faisaient des enfants
Qui jouaient à chat perché
Aujourd'hui tu sais
Qu'ici désormais
La nature reprend ses droits
L'homme est reparti
Silence et oubli
Sur la crête pousse le bois.

Là, tout est sérénité
Rêves bleus, calme et beauté...

vendredi 24 mai 2013

Légende

Et si Argondia n'était qu'endormie?

Au coeur du terroir Kost ar c'hoad (à l'orée du bois), dans un vallon perdu entre l'étang des Salles et celui du Fourneau, dans cette magnifique forêt de Quénécan, un artiste tchèque: Réon créait un univers légendaire en transformant le moulin du corbeau en Grotte Magique dans laquelle il peignait, cuisait d'étranges personnages et masques de terre et exposait ses oeuvres au début des années 1970. Cette grotte où se sont produits des artistes célèbres dans le pays comme le barde Glenmor ou Alan Stivell, matérialisait dans cet endroit perdu et mystérieux, un univers enchanté dans lequel d'impressionnantes toiles exprimaient les visions de l'artiste créateur d'Argondia et sa légende. Des tableaux comme "La vogue pour la recherche d'un ancien poème oublié","Le royaume du silence éternel","L'allée des amours secrets"ou "Le port de la grotte des légendes secrètes" illustraient à merveille les visions de l'artiste et alimentaient la légende.
Dans la brume qui s'élève du grand étang des Salles, le cri des corbeaux rappelle encore le vieux moulin et la grotte disparue. Disparue? pas tout à fait car elle s'est déplacée dans l'espace, à proximité du pont Charles à Prague, République Tchèque, pays d'origine de Réon. Le silence est retombé sur la vallée, mais le mystère d'Argondia est toujours présent et palpable au travers des ronces et du manteau de brume dans lequel un ruisseau chante toujours la mélodie des songes, la légende d'Argondia. Photo: masque de terre cuite formant clé de voûte à l'entrée de la grotte.

mardi 14 mai 2013

Minéralogie

Ruisseaux aurifères

A Rosquelfen et sur le Liscuis comme dans les affluents "rive gauche" du Blavet, les ruisseaux gardent précieusement leur trésor d'or pépitique arraché aux multiples filons de quartz laiteux qui traversent les schistes ardoisiers.
Ainsi le beau Daoulas abrite quelques pièges naturels dans lesquels se cachent les particules d'or alluvionnaire concentrées dans la partie superficielle de la roche en place (bed-rock), leur densité exceptionnelle (19) favorisant la descente au travers des graviers et dépôts détritiques de la rivière.
Entre l'Oust et le Blavet, de nombreux filons de quartz ont alimenté ces graviers de fond de rivière. Leur quantité est bien trop faible pour espérer des teneurs justifiant une quelconque exploitation. Le sujet est une curiosité qui intéresse les amateurs de prospection à la batée ou au pan américain.
L'or pépitique se présente en grains ou lamelles comme le montre la photo, mais très denses; rien à voir avec ces lits dorés qui auraient donné son nom à la rivière "le Doré"*  passant à Gouarec et qui sont constitués de micas dorés (altération de la biotite ou mica noir) appelés comme pour la pyrite et à juste titre "l'or des fous!"
Il serait intéressant de savoir si l'or de l'alliage utilisé par les Celtes pour réaliser les statères du Trésor de Laniscat (voir messages antérieurs) provient de cet or alluvionnaire des rives du Blavet. Les techniques analytiques d'aujourd'hui permettent ce genre de recherches en comparant la signature en éléments traces de l'or des pièces et celui des affluents du Blavet.

*: certains auteurs pensent à une corruption linguistique, le Doré étant proche de "dourit" ou "daourit", l'eau qui coule ou en mouvement en breton (nom du ruisseau de St Nicolas du Pélem).

dimanche 12 mai 2013

Poème

Sonnet sur la lande

A travers la lande fleurie
Loin des villes et des bruits en fête
Je savoure au vent sur les crêtes
La beauté sauvage du Liscuis

En sous-bois la stèle gravée
Par la rune éclaire le poète
Une histoire étrange et secrète
Court encore au fond des halliers

Ce pays est une belle dame
Robe d'or au chemin des âmes
Le silence répare et enchante

Les couleurs et parfums explosent
De muguets et de vertes menthes
Manque au décor la belle rose.

samedi 11 mai 2013

Peintures

Carnet de voyages à travers la Bretagne

                                            Ile de Groix, la Pointe des Chats. Aquarelle



L'enclos paroissial de Kergrist-Moélou dans les Côtes d'Armor
Aquarelle et plume.







Juillet 2005, fête de "Bagadans" à Carhaix-Plouguer (Finistère).
La "décrottée" ou dernier temps du Pourleth (gavotte à huit temps interprétée par un groupe en costume coloré à la mode ancienne). Le saut est transformé en prouesse sportive et correspond à une interprétation tout-à-fait personnelle et actuelle du huitième temps de la danse par de jeunes danseurs qui se "lachent"!

                                                                                           Aquarelle
Un petit tour par l'abbaye de Bon Repos en Saint Gelven (Côtes d'Armor).
Restes de l'abbatiale (partie XIVe)
Dessin à la plume
Cette abbaye cistercienne a été fondée par Alain III, vicomte de Rohan et son épouse Constance de Bretagne Penthièvre en 1184. Une association: "Les Compagnons de l'Abbaye de Bon Repos", est à l'origine de la restauration des bâtiments qui étaient en ruine (partie XVIIIe). Elle poursuit les travaux tout en gérant le site (événements chaque année : art contemporain, stages et résidences d'artistes, animations et visites, vente d'ouvrages historiques et divers). Le site fait l'objet d'une enquête publique en vue d'une acquisition par le Département des Côtes d'Armor.

mercredi 8 mai 2013

Archéologie néolithique

Tumulus et menhir de Roc'h ar lin (St Mayeux, Côtes d'Armor)

Sur le relief  à diabases schistosées de Roc'h ar Lin, à quelques centaines de mètres du grand menhir décrit dans le message précédent, se trouve un petit menhir appelé en breton "ar c'has" qui signifie "le chat". Son nom pourrait venir de sa forme comparable à un chat assis sur son derrière. Il n'aurait  pas de "racine" ou partie enterrée et reposerait au sol par une base plate horizontale (non vérifiable). Il semble que ce menhir se situe près des niveaux à spilites et kératophyres qui prolongent les métadolérites de Quelfénec et serait un bloc de diabase (dolérite plus ou moins métamorphisée) schistosée. Son aspect est anguleux et plat sur son côté sud et nord. Il annonce le tumulus à proximité.

De ce tumulus situé au sud immédiat du menhir "c'has", il ne reste qu'une partie de la chambre funéraire interne, quelques dalles de diabases schistosées qui constituaient sa structure pariétale servant à délimiter la chambre funéraire collective et porter les dalles de couverture aujourd'hui disparues.
Ce reste d'allée couverte n'est pas facile à trouver pour les non initiés. Il se trouve sur un petit chemin de randonnée qui longe la crête rocheuse en passant par le grand menhir. Cet endroit est ombragé par de magnifiques et vieux hêtres dont certains, par leur taille, sont tout à fait remarquables. Signalons la proximité du site de Quelfenec (ou Quelfennec), célèbre pour sa production de haches en pierre polie, la fameuse métadolérite de Sélédin, mondialement connue par ceux qui s'intéressent à la période Néolithique (5800 à 2000 avant notre ère pour l'Europe occidentale). Il s'agit d'un site que l'on peut qualifier d'industriel et sur lequel il est encore possible de voir la roche d'origine en place et les traces de cette industrie (mais la finition des haches n'était pas réalisée sur place selon les archéologues). Un musée est consacré à ce site à la mairie de Plussulien.

mardi 7 mai 2013

Archéologie néolithique

Menhir de Roc'h ar Lin (Lein) entre Laniscat et Saint Mayeux, Côtes d'Armor

Sur une crête rocheuse à quelques kilomètres de Laniscat  et sur la commune de Saint Mayeux, au lieu dit   Roc'h ar Lin, il est possible de voir un très beau menhir indiqué en quartzophyllade (patrimoine historique de St Mayeux dans InfoBretagne) de plusieurs mètres de hauteur.
Ce beau mégalithe  en réalité à composition de  diabase schistosée et lardée de veinules de quartz se cache sous un bois de conifères à une centaine de mètres d'un chemin vicinal. Il est adossé au relief de diabases schistosées et donc exposé au sud. Il devait être particulièrement visible de la direction sud dans cet endroit sans doute moins boisé qu'aujourd'hui à l'époque de sa mise en place.

Sa face sud montre un aspect géométrique régulier. Ce mégalithe de quatre mètres de hauteur environ sans sa partie enterrée est à section pratiquement carrée. Il a été débité en tenant compte des diaclases ou fissures naturelles du massif qui donnent des arêtes régulières et pratiquement à angle droit ici. Le marteau (50cm) donne l'échelle.

La face nord du menhir est moins régulière que sa face sud. Sa base  fait environ un mètre cinquante de côté et l'affleurement rocheux duquel il a été extrait se situe à proximité immédiate. Ce menhir n'a donc pas nécessité de transport, mais un simple basculement et calage dans une fosse dont la profondeur n'est pas connue. Le bloc allongé à proximité, de même composition, a été considéré par les archéologues comme un second menhir couché, ce qui en ferait donc des jumeaux comme il en existe assez fréquemment dans la région.

jeudi 2 mai 2013

Peinture

Le pont de Bon Repos (passage de St Gelven à Perret, Côtes d'Armor)

Pont de Bon Repos sur le Blavet avant 1789.
Huile sur toile: 50 x 45cm

Ce pont comportait alors 10 arches. Il a été construit par les moines de l'abbaye de Bon Repos sur l'emplacement d'un ancien pont attribué aux romains mais qui pourrait correspondre à un ouvrage d'époque celtique. Des traces de cet ancien pont ont été mises à jour au moment des travaux de percement du canal  de Nantes à Brest au début du XIXe siècle (voir la thèse de Jean-Yves Eveillard sur les voies antiques de Bretagne).

Patrimoine

Le manoir du Liscuis en Laniscat
Ce manoir est situé à flanc de colline près de Bon-Repos et de la vallée du Daoulas, sur la commune de Laniscat (22570). Il est la propriété depuis trois générations de la famille Pochon. Selon Frotier de la Messelière, ce fief avait haute, moyenne et basse justice, fourches à trois pots et prééminences dans les églises de Laniscat, Rosquelfen et Saint Gelven.
La façade intérieure du logis présente de magnifiques lucarnes dont l'une est en "anse de panier" et les autres en arc roman, ce qui dénote des époques différentes de construction.
Ce manoir était possédé au XVe siècle (quelques murs de cette époque encore visibles) par la famille de Guernarpin et du Juch. Il passe au XVIe siècle aux de Lézongar et du Mesgouez. Au XVII e siècle, il revient aux de Lopriac qui le conservent jusqu'au XVIIIe siècle. Les de Guernarpin, seigneurs du Liscuit (l'écriture varie suivant l'époque: Liscuit, Liscuiz et Liscuis aujourd'hui) sont les fondateurs de l'église de Rosquelfen dans laquelle ils ont leur blason ("d'argent aux croissants de gueules, deux en chef, un en pointe": Nobiliaire Briant de Laubrière: CGHP: Jérôme Caouën).
A l'entrée du manoir, les ouvertures en "oeil de boeuf" ovalisés permettent de contrôler l'entrée de la cour. Le manoir est alors un bâtiment défensif adossé à une colline au relief vigoureux. Cet endroit domine la vallée du Blavet qu'il contrôle.
Au XVIe siècle, un personnage haut en couleur est seigneur du liscuis, le fameux Troïlus de Mesgouez. Ce dernier arrive ici par mariage avec Claude du Juch avant 1566. Il est Marquis de la Roche en St Thoy, Comte de Kermoallec en St Thomas de Landerneau, et de la Joyeuse-Garde en la Forest, page et favori de Catherine de Médicis en 1550, gouverneur de Morlaix en 1568, Chevalier de Saint Michel en 1569, Président de la Noblesse des Etats de Bretagne en 1574, vice-roi de Terre-Neuve en 1578, gouverneur de Saint Lô et de Carentan en 1597(Frotier de la Messelière). Il meurt en 1606 sans postérité. Cet homme aurait pu laisser son nom dans l'Histoire mais se perdra par ses actions de pillage de l'abbaye de Landévennec et de Bon Repos qu'il met en coupe réglée.


Aujourd'hui ce manoir offre encore un témoignage de la riche histoire de ce pays.
L'ornementation de cette lucarne est un exemple, avec ses trois boules de granite
qui matérialisent la haute, moyenne et basse justice dont les seigneurs du Liscuis
disposaient dans le pays, symbole de leur puissance et de leur notoriété.