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mardi 30 avril 2013

Poème

Lande magique

Viens sur la lande, viens à l'Eden
Ce matin clair, nos pas légers
Laissent des traces dans la rosée
Et les bruyères du vieux chemin

Dans le vallon, les ruines sombres
D'un vieux moulin gardent encore
Des korrigans, le grand trésor
Les entends-tu creuser dans l'ombre?

Tu sais le temps précieux du jour
Sur la colline rouge et dorée
Tu sais le vent, murmure léger
Son bruissement parle d'amour

L'allée couverte sur le landier
Offre son lit d'ardoises bleues
Dans le silence de ce lieu
L'âme et le coeur vont s'accorder

C'est dans la pourpre de tes lèvres
Que se colorent de tendres mots
L'onde magique de leur écho
Résonne encore au vent des rêves.

jeudi 25 avril 2013

Mégalithe, archéologie

Le menhir de Glomel

C'est sur la commune de Glomel en Côtes d'Armor, à une quinzaine de kilomètres de Rosquelfen que se situe le menhir le plus lourd de Bretagne encore debout!

Il s'agit plutôt d'un cône que d'un cylindre dont la hauteur est de 8,60m pour un diamètre de 4m à la base. Ce mégalithe impressionnant par sa taille est en granite porphyroïde de Rostrenen que l'on reconnait très bien à ses grands feldspaths blancs qualifiés localement de "dents de cheval". Ce granite affleure à proximité immédiate et sur toute la commune de Glomel qui compte d'autres menhirs moins impressionnants que celui-ci.
L'échelle est donnée sur cette photo par le trait rouge à la base qui matérialise le mètre. Il possède également une face plus plane sur son côté sud-est. L'ensemble présente une allure homogène et donc façonnée selon une technique de percussion (à l'aide d'une pierre plus dure et plus résistante aux chocs que le granite) comme le suggèrent les travaux de l'archéologie expérimentale sur ce sujet.

Ce menhir possède une base probablement plane et repose sur un plateau granitique également plat. Il n'a donc pas de "racine" contrairement à ce que l'on voit habituellement pour les menhirs de cette taille. Son volume serait estimé à 40m3 (et non 100 comme l'indiqueWikipedia, ce qui  parait excessif). Compte-tenu de sa forme cônique,si le menhir faisait  100m3, il pèserait environ 255 tonnes! Ce volume en fait tout de même une masse comprise entre 80 et 100 tonnes, ce qui est bien plus lourd qu'un menhir comme le "Kegel-en-diaoul" de Silfiac évoqué dans un message précédent! Inutile de préciser que pour extraire, façonner et positionner une telle masse sur la lande, il fallait maîtriser un minimum de techniques comme la roue, le levier, la chèvre...

mardi 23 avril 2013

Poème

23 avril

Le jour est gris, l'ardoise pleure
Le vent absent force au silence
Landes et bois en renaissance
Printemps s'habille de belles fleurs

Mais aujourd'hui règne un silence
Inhabituel et surprenant
Jusqu'aux corbeaux de Quénécan
Qui de leurs cris font abstinence

Alors s'avance l'ombre féline
De ce chat noir si mystérieux
L'incandescence de ses yeux
Devant ma porte touche à l'intime

De quel message es-tu porteur
Toi qui me fixe étrangement?
Cette fin de jour au ciel mouvant
Vient réveiller une douleur

Devin chat noir, je désespère
Puis je retrouve en un instant
Le souvenir, déjà quatre ans!
Du dernier souffle de mon père.


dimanche 21 avril 2013

Archéologie néolithique

L'allée couverte de Bot-er-Mohed en Cléguérec

A proximité du Breuil du Chêne, entre Sainte Brigitte (56) et Cléguérec(56), un monument mégalithique attire l'attention, c'est Bot-er-Mohed ou "La Chambre des Nains" dénommée aussi parfois: "chambre des korrigans".

Cette sépulture du Néolithique est datée de 3000 à 2500 ans avant l'ère chrétienne, ce qui en fait un monument d'environ cinq milles ans érigé dans un endroit comparable à celui du Liscuis en Rosquelfen, sur une hauteur dominant le pays, en lisière de la forêt de Quénécan. La taille de cette allée couverte dépasse toutes celles du Liscuis en Laniscat par ses 24 mètres de longueur.

Elle présente également deux particularités remarquables: plusieurs séparations de la partie centrale par des dalles verticales isolant des compartiments et par la présence de cupules hémisphériques creusées dans le schiste. Le monument est en effet construit en dalles de schiste dont les affleurements sont visibles au Breuil du chêne à proximité.

jeudi 18 avril 2013

Peinture

La diligence


Au XVIIe siècle, une diligence lancée à toute allure sur une portion du "Grand Chemin", l'ancienne voie romaine de Condate (Rennes)à Vorgium (Carhaix), laisse derrière elle un nuage de poussière. Le train si rapide est-il lié à l'impatience d'arriver à destination ou à la peur d'une attaque de brigands, comme le nom breton du lieu: canac'hlaeron, pourrait le laisser penser?



huile sur toile 45 x38cm

mercredi 10 avril 2013

Poème

La maison sur la lande

Mélancolie d'un ciel graphite
Bois sec en feu, flammes crépitent
Chaleur diffuse, lumière mouvante
Coeurs silencieux, les corps patientent

Malgré la pluie, le vent si froid
Braises au foyer, bûches flamboient
Le temps figé reste à l'hiver
Avril s'avance aux courants d'air

Les couleurs chaudes préfèrent l'automne
L'odeur sucrée de ses fruits mûrs
Dans la vallée une cloche sonne
Et sur la lande, le vent murmure

L'astre solaire prend tout son temps
Pour effacer le ciel d'hiver
La maison dort en attendant
Son habit rouge et jaune ou vert

La pluie, le froid, la porte close
Les murs épais de la maison
Gardent les rêves et les chansons
Quand vivrons nous le temps des roses?

mardi 9 avril 2013

Chapelle de Rosquelfen

Suite du message "recherches sur les origines du monument" paru le 30/12/2011 sur ce blog.

Grâce surtout au Centre Généalogique et Historique du Poher, et suite aux compilations d'archives et visites de monuments tels que les églises  de Laniscat, Poerdut, Sainte Tréphine, une réelle avancée a été faite sur ce sujet.(participation deJérôme Caouën, Pierre le Dour).
Le blason aux trois croissants sur le culot de voûte à l'aplomb du choeur a été comparé à celui de la famille du Ponthou  dont le blason figure dans l'église de Ste Tréphine. le croissant de pointe du blason du Ponthou dans l'église de Sainte Tréphine est plus grand que les croissants en chef. La couleur non visible ici est un blason d'azur aux croissants d'argent d'après les nobiliaires bretons consultés. De plus, aucune possession ni droits d'enfeux ou blasonnement ne semblent exister sur Rosquelfen et c'est la même chose pour les de Roc'hcazre ou Roc'hcaer de Carhaix-Plouguer. Les couleurs présentes sur le blason du retable sont confirmées par le restaurateur de ce mobilier classé. Il s'agit donc bien d'un blason d'argent aux trois croissants de gueules.
C'est dans le nobiliaire L. Briant de Laubrière, daté de 1668 que la réponse est donnée: il s'agit du blason des Guernarpin, seigneurs du Liscuis (manoir proche de l'abbaye de Bon Repos) qui disposent des droits d'enfeux, privilèges de blasonnement à Rosquelfen, St Gelven et Laniscat, disposent d'une justice patibulaire à trois pots et de nombreuses terres sur Rosquelfen. Récemment le blason sur lequel une erreur dans le nobiliaire plus récent "Potier de Courcy" laissait planer un doute (les croissants s'étaient transformés en chevrons) a été confirmé par les recherches de l'héraldiste Jérôme Caouën (CGHP), ce dernier confirmant par compilation d'archives (Aveux sur Laniscat du début XVIe siècle dont un concernant deux soeurs Guernarpin) que le blason est bien aux trois croissants. Ce blason serait visible sur un manteau de cheminée dans un manoir (Kermabilou en Botmel).



  Cette découverte intéressante permet de conforter l'hypothèse qui peut être formulée maintenant sur l' identité des personnages sculptés dans les médaillons du retable de la chapelle qui est aussi son ancien jubé retaillé.
La femme présentant une fleur dans la main pourrait être Jeanne Le Provost et l'homme lui faisant face, avec un coeur à la main serait Jean de Guernarpin. Si cette hypothèse maintenant plausible était la bonne, la datation se situerait entre 1470 et 1510, ce qui correspond d'après les travaux de l'architecte du patrimoine à l'extension de la nef et la réalisation du transept.

samedi 6 avril 2013

Poème

Rêve de marins

Sur les îles du Ponant, les marins se souviennent
Des horizons liquides de l'immense océan
De leur brève jeunesse et du chant des sirènes
Généreuses maîtresses effaçant leurs tourments
Sur les îles du Ponant, les marins se souviennent

Des aurores du vieux monde, d'un paradis antique
Où Praxitèle sculptait inspiré par Phryné
Offrant à ses Vénus leur divine plastique.
De Lesbos à Paphos, les îles des voluptés,
Des aurores du vieux monde, sont les restes antiques

Ile de Bréhat côte ouest
Sous d'autres horizons, dans les eaux moins sereines
De ce vaste océan bordé de déferlantes
Molène, Ouessant et Sein, les îles armoricaines
Se prennent à envier Bréhat des agapanthes
Sous d'autres horizons, les eaux sont moins sereines

Groix, Belle-ile et le Golfe sont les paradis bleus
Façonnés par les vents et les grandes marées
Ignorés de Vénus, d'Eros et tous les dieux
Accompagnant Sapho au bal des voluptés,
Groix, Belle-ile et le Golfe sont nos paradis bleus

Sur la côte bretonne, la mer est combattante
Si le marin parfois rêve au bleu de l'Egée
Au départ pour Cythère que le soleil enchante
Dans sa mémoire fidèle revivent les naufragés
Sur la côte bretonne, la mer est combattante

A l'ouest l'astre solaire projette ses derniers feux
Dans les yeux des marins délavés par les ans
Le Fromveur et le Raz en seigneurs ténébreux
Activent la mémoire dans le souffle des vents
A l'ouest l'astre solaire projette ses derniers feux

L'amertume est parfois la saveur de la mer
Sous les eaux calmes et bleues dorment tant de naufrages
Le marin s'interroge aux portes du mystère
Sur cet amour passion versatile et sans âge
L'amour avec la mer partage aussi l'amer!



vendredi 5 avril 2013

Patrimoine

Fontaine Saint Nicodème en Pluméliau (56)

Comme St Ignace en Quénécan ou la Trinité en Cléguérec, la fontaine de St Nicodème, également triple, est la plus célèbre et la plus ornée de Bretagne. Les sources sacrées remontent au druidisme celte, l'eau étant un élément capable de:  guérir, féconder,  prédire l'avenir et protéger les hommes comme les animaux.
L'Occident chrétien va donc tenter de faire oublier l'origine païenne de ce culte en attribuant aux saints locaux toutes les vertus thérapeutiques de ces eaux, et à Saint Nicodème, on peut dire qu'il va mettre le paquet!
Le monument ceinturé de murs date du XVIe siècle (restauré en 1608, date gravée dans le granit). Il se situe dans un vallon au pied d'une chapelle du même nom qui étonne le visiteur par la taille impressionnante du clocher-porche (46m de hauteur).
La fontaine possède trois bassins dans un ensemble à quatre pans. Le bassin central est dédié à St Nicodème invoqué contre les maladies contagieuses, les maladies de peau et la protection du bétail (chevaux en particulier). Un deuxième bassin est dédié à St Gamaliel. Il est réservé aux jeunes femmes qui font un voeu après avoir bu de l'eau à ce bassin et avoir gravi toutes les marches du clocher-porche sans se retourner. Le troisième bassin est celui de St Abibon, invoqué dans les douleurs et maux d'oreilles. Ce saint est connu également sous le nom de St Diboan (en français: sans douleur) et nombreux autres noms (Yben, Languis, Idunet, Ivinec...) et le surnom "Tu-petu" qui semble relever aussi de l'ancienne tradition celtique relayée au Moyen-âge par les roues à carillon (l'église de Laniscat en possède une), héritage d'un ancien culte solaire, ou "roue de la fortune" qui évoque la conjuration du mauvais sort. Selon les bons vouloirs de St Abibon, le sort pouvait basculer d'un côté comme de l'autre: une guérison rapide d'un côté, une mort rapide pour abréger les souffrances de l'autre, d'où le "Tu-petu" (d'un côté ou de l'autre).
Trois niches en anse de panier sont surmontées d'un arc en accolade rehaussé de crochets frisés et encadré par un gâble plein, flamboyant, flanqué de gargouilles et pinacles. Les statues des trois saints ont disparu mais l'ensemble est toujours étonnant par sa richesse et la finesse des sculptures.
A l'étendue du champ de compétences attribué à ces trois saints, on imagine l'importance de cette source et sa qualité à l'époque celtique...
Et comme s'il manquait quelquechose, un quatrième bassin surmonté lui aussi d'un monument  destiné à abriter la statue de Saint Cornely a été rajouté à quelques mètres de la fontaine principale. Ce St Cornely complète l'ensemble en assurant la protection du bétail et particulièrement des boeufs. Si vous passez en centre Bretagne, ne manquez pas cet endroit d'où partent chaque année en été les circuits "L'Art dans les chapelles".  Pour en savoir plus: "Les fontaines de Bretagne", Albert Poulin, Bernard Rio, Yoran Embanner 2008. InfoBretagne, patrimoine de Pluméliau (Morbihan).

mardi 2 avril 2013

Poème

Souvenir d'une mélodie

Jour après jour le temps fuyant
Rythme la vie et les saisons
Des jours passés restent des sons
J'entends encore les airs d'antan

De la musique aux jeunes années
J'ai tant reçu, c'est une chance
En effaçant tous les silences
Chante la vie réaccordée

Les années passent et portent atteinte
A la mémoire, à sa vigueur
Les soubresauts parfois du coeur
Des ans passés marquent l'empreinte

Et la mémoire si sélective
Arrête alors les heures vaines
Les voix du coeur sont souveraines
Chaque printemps les réactive

Une partition me fait sourire
Binious, bombardes sont à la fête
Un air étrange et beau m'entête
La mélodie d'un souvenir.

lundi 1 avril 2013

Histoire

Le Rocher du Conseil

L'affleurement rocheux nommé Rocher du Conseil se situe sur la crête schisteuse eifélienne (voir message antérieur sur la géologie) qui domine Rosquelfen au sud. Cet affleurement est la partie terminale de la crête côté Gouarec. Pour situer les altitudes, il faut signaler que Gouarec (22570) est à 130m d'altitude environ. Le Rocher du Marquis dont il a été question précédemment se situe 40m plus haut, vers 170m et le Rocher du Conseil est à environ 200m.
Ce sommet schisteux domine donc toute la lande de Rosquelfen dans sa partie la plus à l'ouest. Sa forme est grossièrement pyramidale avec une face nord plus régulière que les trois autres et inclinée à 70° (pendage nord 70).
 D'où vient ce nom "rocher du conseil"?
Quelques anciens de Rosquelfen indiquent qu'ils ont toujours entendu la même histoire au sujet de ce rocher: il s'agirait d'un lieu de rassemblement des chefs de tribus à l'époque celtique. Le promontoire rocheux est en effet positionné de telle sorte qu'il permet d'observer à la fois, la vallée du Blavet et sa sentinelle "Rocher du Marquis"et toute la campagne vers le nord et l'ouest. L'enclos celtique dans lequel était enfoui le trésor de Laniscat (voir messages antérieurs) était très proche de cet endroit. Les Romains ont tout de suite exploité la position en implantant un poste d'observation et de défense à proximité (voir découvertes archéologiques, briques et divers: A. Le Diuzet), la grande voie romaine de Condate à Vorgium passe à une centaine de mètres au nord. Les derniers à avoir utilisé ce secteur stratégique sont les allemands pendant la dernière guerre. En parcourant la crête entre le Rocher du Conseil et le sommet topographique à une centaine de mètres plus à l'est, il est encore possible aujourd'hui de tomber sur des restes de tranchées et maçonneries de briques et béton avec restes de barbelés.Aujourd'hui, la pousse des chênes a fortement réduit le champ de vision, mais on aperçoit toujours les collines de Bothoa et St Nicolas-du-Pélem au nord.