Libellés

mercredi 24 octobre 2012

poème

Instants arc-en-ciel

Je vois encore ces moments là
Instants passés, rêvés sans doute
Bien malgré moi je les écoute
Te souviens-tu de ces temps là?

Sans énergie, force ou audace
La vie s'écoule à pas pressés
Pourquoi devrais-je m'inquiéter
Changer le cours du temps qui passe?

Au printemps des rives rêvées
Le coeur et l'esprit vagabondent
Et inventent le nouveau monde
Que l'automne a désenchanté

Si les images de doux rivages
Aux bains pourprés des derniers feux
S'éteignent aujourd'hui dans mes yeux
C'est que le temps parle hivernage
Au rythme lent de ces nuages
Venus de l'ouest griser le bleu.

jeudi 18 octobre 2012

archéologie

Le tertre tumulaire du Quillio (Côtes d'Armor)

Poursuivant ma promenade "thérapeutique" vers l'est, je traverse la belle vallée de Poulancre au Sud de Saint Gilles-du-Vieux-Marché pour aboutir en allant vers Le Quillio, sur des sommets plus arrondis et plus étendus. Ces sommets constituent des réservoirs d'eau comme c'est le cas sur le sommet topographique où est implantée la chapelle N.D de Lorette et où se trouve le tertre tumulaire néolithique encore conservé. Ce monument funéraire est estimé par les archéologues, du milieu du 5e millénaire avant notre ère, ce qui en fait le monument le plus ancien du secteur.
Souvent assimilé à un cromlec'h par sa forme ovoïde, il est en réalité le reste d'un tumulus.
 Il est bon peut-être de rappeler que la plupart des monuments de type cromlec'h en Bretagne ont été érigés entre 3500 et 1900 avant notre ère mais beaucoup sont de l'âge du bronze (qui chevauche le néolithique terminal), c'est-à-dire entre 2500 et 1000 avant JC.
Une personne du pays présente sur le site ce jour là m'indique que ce monument est une tombe celtique (? !). Il me semble voir là une confusion dans l'échelle de temps, héritage probable de nos archéologues du XIXe siècle qui avaient classé en leur temps ces monuments comme celtiques.Il est vrai qu'ils ne possédaient pas les moyens actuels de datation.
C'est donc l'occasion de rappeler que le néolithique débute 5800 ans avant JC et que les premiers monuments débutent vers 4000 à 4500 avant JC. Les Celtes sont liés à l'âge du fer qui débute en 1100 avant JC en Europe centrale (Hallstatt). En Armorique, ce n'est qu'au VIIIe siècle avant notre ère que leur présence est attestée et pour la peuplade celte de l'ouest, les Osismes (voir le trésor de Laniscat, messages 2011 et 2012), leur présence correspondrait au début de la Tène (500 avant JC). Pour en savoir plus, se reporter à l'Atlas Historique du Monde Celte de Angus Konstam.

La vue de droite montre la forme oblongue de l'alignement composé de grès-quartzite armoricain (arénigien) que l'on trouve sur place. Certains blocs font plus d'un mètre de hauteur. Il est tout-à-fait possible que ce tertre ait encore servi d'enceinte funéraire à l'époque celtique. La présence de puissantes sources (dont une est actuellement captée pour l'alimentation en eau potable) en fait un lieu exceptionnel où l'air, la terre et l'eau développent une énergie qui vous pénètre. Mais si les druides ont officié dans ce lieu, ils ne sont sans doute pas les bâtisseurs; ce sont les hommes du néolithique qui ont érigé ces monuments dans des endroits aussi forts!

mercredi 17 octobre 2012

archéologie néolithique

Allée couverte de Coët Correc en Caurel 

En restant sur les crêtes schisteuses qui se prolongent à l'est du Liscuis en Laniscat ou en suivant tout simplement la quatre voies  Rennes-Brest qui longe les sommets, on arrive aux abords de Caurel, au nord du bourg, sur des reliefs particulièrement vigoureux qui dominent le lac de Guerlédan et le vallonnement boisé de Quénécan s'étendant au sud jusqu'à l'horizon. Au lieu dit Bel Air, deux menhirs signalent encore l'importance du lieu. Il y en avait bien plus autrefois comme en témoignent les relevés des archéologues des années 50-60 (A. Le Diuzet). Par un chemin aboutissant à Corn-Coat, un petit sentier débouche sur la crête dans un endroit magique. Il se dégage de cet endroit une atmosphère particulière que l'on sent également au Liscuis et dans d'autres endroits comparables. Le lieu s'impose à vous par son silence, la force qui émane des affleurements rocheux et l'harmonie extraordinaire de cet ensemble nature-monument. Sur ce sommet qui avoisine les 300m d'altitude, dans les prés et les affleurements de schistes, apparait un monument mégalithique étonnant, une allée couverte de type couloir avec vestibule latéral très bien conservé et une étonnante construction, sorte d'imposante arche de pierres sèches qui enjambe l'allée couverte par un arc surbaissé de type "anse de panier". Cette construction semble protéger la partie ouest de l'allée couverte qui possède encore sous l'arche, ses dalles de recouvrement. Il s'agit  des restes d'un ancien calvaire érigé par Mathurin Le Flohic, un agriculteur qualifié de "très pieux" à l'époque de la construction (fin du XIXe siècle particulièrement marqué par des actions de ce genre; voir le prosélytisme parfois destructeur comme celui du curé de Louisfert en Loire-Atlantique). Deux escaliers latéraux de 24 marches menaient à une plateforme sommitale sur lequel reposait le calvaire. Ce monument en pierres sèches était donc beaucoup plus haut qu'aujourd'hui (voir les photos de l'édifice d'origine dans l'ouvrage de Christian Lassure:"Le calvaire en pierres sèches de Coët-Correc à Mûr-de-Bretagne, Côtes d'Armor".

La vue de droite montre l'allée couverte qui n'est plus qu'un alignement de deux rangées d'orthostates parallèles allant se perdre sous l'arche à arc en anse de panier.


La vue de gauche montre la partie ouest terminale avec ses "tables supérieures" encore en place. Sous cet angle, on  peut apprécier la qualité de la maçonnerie en pierres sèches. L'auteur de ce travail qui voulait christianiser ce monument païen, aura réussi à sauvegarder l'intégrité du monument primitif sous l'arche (le calvaire, lui, a disparu).

Cette vue de la partie est du monument, montre le vestibule qui ici est latéral et non pas dans le prolongement de l'allée couverte comme au Liscuis. Une "chatière" correspondant à l'ouverture d'accès au couloir est bien visible et taillée dans deux orthostates de schiste. Cette disposition particulière laisse supposer l'existence d'un tumulus à cet endroit ou d'un cairn si l'ouvrage est plus tardif. Il semble toutefois, selon une source locale que cette allée couverte serait du néolithique terminal, début de l'âge du Bronze.

vendredi 5 octobre 2012

poème

La maison
La vieille maison de pierres habite le silence
De cette fin de jour pluvieux et déprimé
Ses murs épais renferment la discrète présence
D'un esprit solitaire attaché à l'endroit.
Ecoute dans la pénombre le doux son de sa voix
La mélodie des songes dans la maison hantée.

Parfois un vent rageur fait vibrer la toiture
Son souffle dans les arbres aux membres torturés
Tente alors mais en vain d'étouffer la voix sûre
Du veilleur qui patiente dans l'espace enchanté.
Vent turbulent d'octobre tue le temps engourdi
Et le chant du veilleur berce les coeurs meurtris.

La nuit tombe sur la lande gémissante et mouillée
Dans la maison de pierres au foyer rougeoyant
Le ballet coloré dans l'espace flamboyant
Des flammes sur les murs éclaire la nuit sombre.
La ronde des secrets visitant la pénombre
Ravive le souvenir des plaisirs oubliés.

Alors mélodieux sur fond de vents de mer
L'esprit dans la maison prend de nouveaux accents
Les râles du plaisir se confondent et libèrent
Dans la douce chaleur du feu se consumant
Le message d'amour au parfum des passions
Sublimes, intimes et douces lovées dans la maison.