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jeudi 26 mai 2011

Légendes

Dans ce pays de landes, de rochers souvent escarpés, de bois, l'imagination s'alimente d'elle-même et chaque saison, chaque instant du jour et de la nuit, transforme le décor naturel, ses couleurs, son mystère. Le vent ajoute encore sa touche au tableau par le bruissement des grands arbres, son souffle parfois discret et parfois puissant. Dans cet univers, vivent des êtres qui échappent au temps comme les korrigans, mineurs dans un pays de mines et carrières, quoi de plus naturel? Qu'il s'agisse des carrières d'ardoises sur les sommets du Liscuis ou les galeries d'extraction du fer dans les grès quartzitiques, sur les landes et dans toute la forêt, chaque affleurement de roche, chaque cavité ramènent au petit peuple de la nuit. Les elfes et les fées préfèrent les fontaines, sources sacrées parfois situées en hauteur comme la fontaine du rocher du Marquis, l'ombre des grands arbres protecteurs témoins d'une époque où l'homme respectait encore la nature dont il fait partie.

Archéologie

Le centre Bretagne appelé aussi l'Argoat, le pays du bois en français, mérite bien son nom. Il suffit pour s'en persuader de sillonner les chemins qui traversent les reliefs formés par l'anticlinal schisteux et quartzitique de Quénécan ou la zone de contact du granite de Quintin, sur les landes de Locarn. Dans cet endroit, près des gorges du Korong comme à Toul Goulic sur le Blavet, d'énormes blocs démantelés forment un paysage saisissant appelé chaos granitique. Sur les crêtes à proximité existent encore de magnifiques mégalithes dont la répartition spatiale est d'autant plus difficile à interpréter qu'ils ne représentent plus qu'une partie des menhirs autrefois dressés dans ce secteur. Certains d'entre eux possèdent encore à leur base les stigmates de l'acharnement des hommes, prosélytisme religieux aidant, à abattre le symbole des croyances d'autrefois.Ces témoins d'une autre civilisation ont résisté à la bêtise des hommes comme au temps.Imperturbables et mystérieux, ils continuent à pointer le ciel et à alimenter les réflexions du passant qui prend le temps de les regarder.
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dimanche 22 mai 2011

poème

Château au rosier

La muraille éventrée s'écroule sur la rive
Du lac étincelant sous le soleil de mai
les grands chênes noueux et à la force vive
Cachent des anciens murs les grandes et vives plaies.

Du vieux château hanté, de cet amas de ruines
Monte le souvenir des chevaliers en armes
Des dames en tenue, dentelles, coiffes et hermines
Du bon roi Salomon, des rires et des larmes.

Ainsi passent l'Histoire, les légendes, les amours
Le monde mystérieux des bâtisseurs d'antan
Sur la façade en ruine qui s'ouvre sur la cour
Fleurit un beau rosier, témoin de l'ancien temps.

Son parfum si puissant et ses roses si pures
Témoignent encore ici d'un univers passé
Où les elfes dansaient à l'ombre des grands murs
Pour célébrer la vie, sous le regard des fées.

jeudi 19 mai 2011

chapelle de Rosquelfen

Depuis avril, les travaux se sont déroulés dans les temps sur le transept: le pignon est remonté et la réfection de la toiture est en cours. Pour comparer l'état d'avancement, il suffit de cliquer sur la même rubrique d'avril.
toiture en réfection: transept sud


verrière et pignon du transept sud après remontage

poème

Genèse et mouvement

Le Taoïsme en Chine fait naître l'Univers
D'un unique et bel oeuf cosmique originel.
Le sage a pressenti la forme exponentielle
De l'expansion du ciel, l'Energie est matière.

Cette énergie du vide donne en astrophysique
L'inflation stupéfiante d'un univers sans fin
En quinze milliards d'années, il construit son destin
De nurserie d'étoiles au ballet fantastique.

L'immense tapisserie des galaxies en transes
Enveloppe dans l'espace la belle Voie Lactée.
C'est là, près du soleil sur terre ainsi nommée
Que la chaîne d'ADN engendre la conscience.

Comme le ciel d'Aristote, immuable et figé
L'univers Newtonien ainsi disqualifié
Va d'une vision statique à Univers vivant
Devient impermanence, tourbillon, changement.

dimanche 15 mai 2011

poème

Tempus fugit.

Soleil, nuages et ciel font vibrer les couleurs
Des grands rochers moussus encadrant la vallée
Leur peinture végétale de lichens et de fleurs
Ajoute encore aux feux de leur patine halée.

Car le temps a construit en des millions d'années
Cet écrin de nature, oeuvre d'art lumineuse
Epargnée par les hommes, adoptée par les fées
Pour témoigner encore d'une destinée heureuse.

C'est à l'heure du couchant où les ombres grandissent
Que le murmure du jour peut enfin s'effacer
Le voile de la nuit permet que s'accomplissent
Toutes les symphonies de la vie enchantée.

Le temps fuit comme l'ombre indique le cadran
Solaire sur les remparts du port de Concarneau.
Comme l'ombre des nuages qui s'enfuient à grands pas
Ainsi passent nos jours et nous n'y pensons pas.

vendredi 13 mai 2011

Sculpture

Le schiste ardoisier lorsqu'il présente un grain fin et régulier permet la réalisation de gravures à la pointe acier en poussant les détails assez loin. Un exemple de ce type de gravure: une chouette hulotte en approche finale de sa proie, serres en avant.

Géologie

Rosquelfen est situé sur des terrains très anciens, formés à l'ère primaire, du Dévonien moyen (Eifélien) au Carbonifère (Dinantien). Pour comprendre les temps géologiques, il faut sortir de l'échelle de temps humaine et adopter celle des géologues qui parlent en millions d'années.
l'ère Primaire débute à la fin du Protérozoïque, vers 540 millions d'années. Elle comprend le Cambrien (540 à 500ma) suivi par l'Ordovicien(500 à 435 ma), puis par le Silurien (435 à 410 ma) et le Dévonien (410 à 360 ma). Le Dévonien est suivi du Carbonifère (360 à 295 ma) dont la série Dinantien (360 à 325 ma) correspond à l'age des schistes du nord de Rosquelfen.
Les terrains les plus anciens sont donc les schistes et quartzites qui forment les crêtes du Liscuis, vallée du Daoulas, rive gauche du Blavet dont le Rocher du Marquis et celui du Conseil. Ces crêtes rocheuses sont classées dans l'étage Eifélien (385 à 380 ma) qui se situe dans le Dévonien moyen. Les reliefs encore vigoureux de ce secteur sud de Rosquelfen sont liés à la présence de quartzites, une roche très dure, interstratifiée dans les schistes et qui offre une bonne résistance à l'érosion. Ces quartzites peuvent contenir du minerai de fer, localement exploité depuis l'époque Romaine avec reprises à différentes époques jusqu'au XIXe siècle. Des vestiges de fosses d'extraction du minerai sont encore visibles aujourd'hui, au sud de la voie romaine passant par Canac'h Laeron (route actuelle). En venant de cette vallée du Blavet et en remontant sur le village par le sud, on arrive à un rond-point proche de la chapelle. A ce niveau, une étroite bande est-ouest de quartz-kératophyres est datée du Dinantien. Elle présente localement des lentilles tuffacées et des brêches chloritisées avec altération ou argilisation. Ce substrat altéré et argilisé est certainement partiellement responsable du mouvement constaté dans la maçonnerie de la chapelle (fin XVe début XVI e siècle).Au nord de cette bande, en englobant le lieu dit Le Poteau et toute la zone située sur le tracé actuel du contournement de Gouarec par la N164 et donc le site de découverte du trésor monétaire Osisme (2007), on trouve les schistes ardoisiers du Dinantien (360 à 325 ma). Ces schistes sont des roches d'origine sédimentaire transformées par le métamorphisme général. Elles sont souvent altérées en surface et riches en pyrite, un sulfure de fer cubique qui explique la richesse en fer des sources locales.A proximité, entre Laniscat et St Mayeux, sur la commune de Plussulien,des métadolérites constituent  à Quelfennec près de Sélédin, un des plus importants centre d'extraction et de fabrication de haches en pierre polie du Néolithique. La connaissance de la géologie locale et régionale permet donc de comprendre la topographie actuelle de ce pays de landes et de bois mais aussi son organisation économique au cours de l'Histoire et directement liée à la nature de son sol ( métadolérites, schistes ardoisiers, minerai de fer et même or dans les rivières affluents rive gauche du Blavet).

lundi 9 mai 2011

poème

Secret du barde

Un vieux barde m'avait dit qu'au delà des collines
Existait une porte inconnue des humains
Une porte fermée par des petits lutins
Gardiens du paradis bien caché sous les ruines.

Des petites maisons de chaume et de pierres
Qui parsèment encore les crêtes de la lande
Dépourvues de toitures, mais abritant les bandes
De korrigans mineurs, creusant partout la terre.

Un grand chêne rescapé d'une forêt primaire
Etend ses bras feuillus sur la secrète entrée
Protégeant le mystère des elfes et des fées
Revenues en ce lieu, unique et solitaire.

C'est par un jour de pluie, passant sur le chemin
Que je vis le grand chêne agitant son feuillage
Dégoulinant des eaux déversées par l'orage
Comme un torrent de larmes sur un triste destin.

L'orage s'abattant a effacé l'entrée
La porte du paradis que gardaient les lutins
Et je découvre au sol, dans un creux du chemin
Un être ailé gisant sur lit d'herbes mouillées.

vendredi 6 mai 2011

Archéologie

Le pays des landes de Rosquelfen est particulièrement riche en vestiges et données archéologiques y compris très récentes puisque lors des travaux de contournement de Gouarec par la déviation de la N164, l'archéologie préventive a permis la mise à jour d'un ancien site celtique avec réserves de céréales importantes et trésor monétaire d'importance majeure pour l'étude et la compréhension du monde Osisme, la peuplade celte occupant l'ouest de la péninsule armoricaine. Cette découverte de centaines de statères d'or allié offre une ouverture exceptionnelle sur la période de la Tène, juste avant l'invasion ou pacification romaine selon les auteurs. Cette pacification va suivre la victoire de Jules César sur les Vénètes en 56 avant JC.
Les romains envahissent aussi la Gaule pour exploiter ses richesses et en particulier ses richesses minières. C'est le cas ici avec une illustration particulièrement nette à Canac'h Laeron où la voie romaine (route actuelle) longe les travaux miniers sur le fer (fosses d'extraction encore visibles aujourd'hui, au sud de la route et reprises à différentes époques).
Les vestiges les plus anciens sont les allées couvertes du Liscuis, au nombre de trois et qui remontent pour la première au Néolithique I (4000 ans avant JC) et pour la dernière à 2000 ans avant JC. Pendant des milliers d'années, les hommes du Néolithique ont utilisé ces monuments funéraires collectifs dans cet endroit remarquable de la lande.En illustration également, quelques menhirs situés plus au nord sur le granite.

Illustrations en cliquant sur ce lien

jeudi 5 mai 2011

Histoire

Rosquelfen est un village proche de Gouarec, situé sur la commune de Laniscat et adossé au flanc nord des crêtes schisteuses qui bordent la vallée du Blavet. Il se situe  sur le tracé de l'ancienne voie romaine de Condate à Vorgium (Rennes à Carhaix). Le nom de Rosquelfen a été interprété de différentes façons selon les auteurs: citons les plus connus et tout d'abord un chercheur du pays: Bernard Tanguy (Université de Bretagne Occidentale) pour qui Rosquelfen aurait une origine Galloise et signifie "la colline au poteau". Curieusement, il existe actuellement un lieu-dit "Le Poteau" qui correspond au quartier à la sortie de Gouarec vers Laniscat et donc situé géographiquement au nord-ouest de Rosquelfen.C'est à proximité de ce secteur qu'a été découvert en 2007 le très important trésor monétaire Osisme (545 statères d'or allié).
Il faut également signaler la version de François Moal de Carhaix (Historien auteur de "Bon Repos, une abbaye pour la paix"1994). Selon lui "ros kill ven" ou "la butte de l'ermitage blanc" aurait une origine contemporaine ou postérieure à Bon Repos et d'après son étymologie, avoir été une création des "blancs manteaux", c'est-à-dire des Templiers, jamais très éloignés des abbayes cisterciennes. Cette interprétation, aussi séduisante qu'elle soit, n'est pas étayée par des textes anciens. "L'ermitage blanc" pourrait aussi bien faire allusion aux cisterciens eux-mêmes (les moines blancs: voir la thèse d'André Dufief:"Les cisterciens en Bretagne au XIIe et XIIIe siècle": thèse de l'Université RennesII, 1978). Il serait plausible que, compte-tenu de l'importance des terres et biens dépendant de l'abbaye de Bon Repos à Rosquelfen, les moines aient érigé un ermitage en cet endroit.
Il y a encore Michel Priziac de Maël-Carhaix qui dans son Dictionnaire toponymique du Centre-Ouest-Bretagne (2000-Tome1) indique que Ros correspond à colline et quelfen ou quelven serait une contraction de quelvezen qui veut dire coudrier, noisetier; ainsi Rosquelfen serait donc la colline aux noisetiers. Cette version est la traduction courante du breton contemporain.
Une religieuse de la communauté des Augustines de Gouarec, soeur Geneviève, nous apprend que Rosquelfen est déjà cité sous cette forme dans les actes de l'abbaye de Bon Repos en 1194, puis Rosqueleven en 1259, Rosquelven en 1280. Un acte daté de 1781 l'orthographie Roskelven. Enfin dans la thèse citée plus haut d'André Dufief, Rosquelfen est cité à plusieurs reprises: "en 1254, Alain Bastard, écuyer, cède à l'abbaye de Bon Repos Rosquelfen avec ses bois, ses terres et ses dépendances (Cf ADCdA,H, inventaire de 1743), en 1286: "Hamon, fils de Restou cède à Rosquelfen 44 journeaux de terre arable et 2 journeaux de prés de fauche" (ibid).

lundi 2 mai 2011

Poèmes

Révélation d'une lune rousse

A peine estompées les couleurs du couchant
Que le jaune blafard d'une lune montante
Perce l'obscurité à l'est du Rohan
Par delà le Liscuis aux bruyères frémissantes.

Et la lande couronnée par d'épineux ajoncs
S'illumine en silence sous la voûte étoilée
Le fort de Castel Cran noyé dans ses buissons
Révèle les secrets de sa dame voilée.

Les crosses des fougères à constructions fractales
Accompagnent ses pas dans les ruines boisées
Elle observe ce tableau aux couleurs spectrales
Du haut des murs en ruine dominant la vallée.

Serait-ce donc Tréphine, son spectre sans visage
Par un appel soudain, attirée en ce lieu?
La lune qui se lève dans un ciel sans nuage
Jette un rayon dormant sur l'ambre de ses yeux.

Remontant le chemin des lutins et des fées
Chassés de la forêt par les hordes humaines
L'elfe s'arrête ici, afin de contempler
Intacte sous la lune sa contrée des fontaines.

dimanche 1 mai 2011

Poèmes

Platine de Fedorov
Un oeil expert figé sur un morceau de roche
Observe intensément la macle minérale
D'un beau plagioclase que le regard accroche
Inondé de lumière, translucide cathédrale.

La construction d'atomes dans sa sombre matrice
Cache encore les secrets de sa belle naissance
Et pour en savoir plus il traque les indices
Qui donneront les clés, à sa genèse un sens.

Un microscope optique s'avère nécessaire
Et sa platine mobile, orientable dans l'espace
Repose le minéral sur sa plaque de verre
Plans perpendiculaires, mesures d'angles, plans de faces.

Des calculs obtenus dans la lumière transmise
La chimie du magma apparait brusquement
Les secrets bien enfouis que l'expert analyse
Aboutissent à nommer la roche précisément.


Un homme a réussi cette prouesse technique
Comme en littérature la "mouette" de Tchekhov
Une belle invention pour procédé optique
La célèbre platine du bon père Fedorov.