Libellés

jeudi 24 mai 2018

Poème

Le verbe et la Muse
Mai 2018 à Rosquelfen: le temps des rhododendrons

Le temps des fleurs est revenu
Le temps des couleurs de la vie
Exhaltation, t'en souviens-tu
Entre Daoulas et le Liscuis?

Tu as souri devant ma prose
Qui t'a parfois même indignée
Les mots restent bien peu de choses
Si par nos actes, invalidés!

Tu es la présence étonnante
De braises vives, couleur de feu
Tu choisis la lumière ardente
Moi, l'ombre douce des chemins creux

Tu es gardienne attentionnée
D'un étrange jardin des regrets
Où les secrets sont bien gardés
Au coeur d'un continent abstrait
Mai 2018 à Rosquelfen: le temps des rhododendrons

Comment comprendre ton langage
Verbe enjolivé des passions?
Comment ouvrir un jour nos cages
Harmoniser nos vibrations?

Dans le pays des grands rochers
Il n'est d'immobile que le temps
Allons voir ma Muse, s'effacer
L'astre solaire vers le Ponant!

J'écoute encore tes longs silences
Au temps présent qui déconstruit.
Ils me révèlent la renaissance
Et les couleurs d'une autre vie

Je sais encore dans une ardoise
Les mots gravés aux jours enfuis,
Ces discrets témoins qui nous toisent
Sur nos passages vers l'infini...

samedi 19 mai 2018

Menhir de Porz Guillo en Saint Mayeux, Côtes d'Armor

Complément à l'article du 29 avril 2015 sur le menhir de Porz Guillo en Saint Mayeux (22)



Ce menhir de 4m50 (partie externe) est classé MH depuis le 29 septembre 1952. Il se situe sur la crête topographique qui fait la limite entre Caurel et Saint Mayeux, un endroit magnifique et malheureusement défiguré par une piste de motocross passant à 30m du monument! Comme indiqué dans l'article précédent, ce menhir est extrait des affleurements  proches qui sont constitués de schistes grossiers à grès-quartzite interstratifié, assez typique de cet ensemble Siluro-Dévonien qui constitue la crête topographique à cet endroit. Ce n'est donc pas ce que l'on peut appeler schiste ardoisier comme indiqué sur certains sites qui traitent le sujet,car il n'a pas de fissilité.

Si ce monument est toujours debout, c'est probablement parcequ'autrefois, il a été christianisé comme on peut le voir en regardant le sommet de sa face sud. On y observe en effet une croix avec une niche creusée dans la roche sous l'une des branches de la croix et sans doute destinée à recevoir une statue (qui elle, a disparu depuis longtemps).

Le 19 août prochain, l'association "Les chemins de l'archéologie" organise dans cet endroit, mais à une distance assez importante du mégalithe en place, une animation autour du Néolithique avec notamment transport d'un menhir et levage de ce menhir, une pierre schsiteuse de ce secteur qui devrait s'élever à trois mètres au dessus du sol et en utilisant les moyens de l'époque!(participation de spécialistes de l'archéologie expérimentale).

mercredi 16 mai 2018

Minéralogie à Bon Repos: Bon Repos sur Blavet (22)

Conférence-causerie sur les minéraux bretons le 2 juin à Bon Repos

Staurotide ou "Croisette de Bretagne" Photo L.-D.Bayle 
Le 2 juin prochain à 15h, j'évoquerai  dans la galerie "Les minéraux de l'abbaye" dans les bâtiments proches de l'abbaye de Bon Repos, les minéraux de Bretagne; un aperçu non exhaustif du sujet mais qui permettra aux amateurs de minéraux de se faire une idée plus précise de la richesse minéralogique de notre région. Dans les minéraux emblématiques de Bretagne, il y a cette fameuse "Croisette de Bretagne" ou staurotide en français, Staurolite en langage international (voir articles antérieurs sur ce blog dans la rubrique "minéralogie"). Ce minéral est parfois confondu avec l'andalousite (comme dans "infobretagne" sur Cléguérec). Il appartient au système cristallin monoclinique et, rajoute le Fleisher(l'ouvrage de référence des minéralogistes), pseudo-orthorhombique, ce qui fait placer cette espèce dans l'un ou l'autre de ces systèmes cristallins, suivant les auteurs.

Andalousite, variété chiastolite des Salles de Rohan (photo PJ)
Mais à Bon Repos (Bon Repos sur Blavet: 22570), le minéral de référence est la chiastolite, une variété d'andalousite à inclusions charbonneuses qui font parfois des figures en croix comme on en voit une sur cette photo. Ces macles (du latin macula: tache) ont donné les armes de la famille de Rohan comme l'attestent les documents d'archive de la juridiction royale de Ploermel dont dépendait la Vicomté de Rohan au Moyen-âge. Ces chiastolites sont particulièrement visibles sur la façade de l'abbaye de Bon Repos.
Sources: pour la staurotide:"Minéraux de Bretagne" de Louis Chauris, Editions du Piat 2014

mardi 8 mai 2018

Frelon asiatique en Centre Bretagne

Frelon asiatique, l'invasion!
Un article du 22 août 2015 sur ce même blog faisait déjà état du développement en centre Bretagne du frelon asiatique, décimant des ruchers au désespoir des apiculteurs. Depuis 2015, on assiste sur Gouarec comme sur Rosquelfen (Bon-Repos sur Blavet en Côtes d'Armor)à un développement régulier de ce frelon et à une diminution importante du nombre d'abeilles (pas seulement par les ruches désertées mais aussi par la rareté de l'abeille sur les fleurs, la disparition des colonies "sauvages" (dans les cheminées notamment).



En ce début de mois de mai, les reines sont encore en train de démarrer de nouvelles colonies. Dans ce bocal de confiture, un nid tout récent de la grosseur d'une balle de tennis, récupéré avec sa propriétaire la reine , seule résidente et toute surprise d'être mise en conserve! Ce nid est le deuxième détruit à 30m de distance du premier qui faisait la même taille!


Cette femelle fondatrice est  plus grande que le mâle de la même espèce et se capture facilement au moment du démarrage d'une nouvelle colonie. Lorsque le nid est repéré alors qu'il ne fait que quelques centimètres, elle est seule dedans  et donc particulièrement vulnérable. Il est  encore temps de piéger ces reines avant la prolifération estivale, mais le nombre de ces frelons, visibles quotidiennement autour des maisons, ne cesse d'inquiéter. Cette espèce a même supplanté le frelon européen devenu plus rare.

NB: clic gauche sur les photos pour les agrandir.

dimanche 6 mai 2018

Entre Histoire et Légende sur les bords du lac de Guerlédan (22)

La tragique histoire de la demoiselle de l'abbaye, passée dans la mémoire collective sur les rives du Blavet (Saint Gelven, Caurel en Côtes d'Armor, Saint Aignan en Morbihan).
Ruines de l'abbaye de Bon Repos, années 1988-90.Photo wikimedia
1636: année des temps agités pour l'abbaye de Bon Repos (sur la trève de St Gelven dépendant de la paroisse de Laniscat, évèché de Cornouaille), impliquée dans le drame qui se déroule à plusieurs kilomètres, le long du Blavet, au lieu-dit Trégnanton (alors treguénanton ou troguénanton).
Les "temps sombres"vont ponctuer l'histoire de l'abbaye, comme des "revers" opposés aux "avers" lumineux des origines et des actions positives de l'Ordre Cistercien. Loin de moi l'idée de faire l'apologie des "temps sombres", mais pour comprendre la persistance d'une telle histoire dans la mémoire des gens du pays, il me paraît nécessaire d'en parler un peu.
Ainsi, dès 1387, l'Ordre de Citeaux dont elle dépend, ordonne des sanctions contre l'abbaye. En 1415, elle entre en conflit avec les fondateurs, la famille de Rohan; les causes sont multiples: luxe des abbés, présence de femmes dans le monastère, fréquentation des auberges par les moines... En 1470, l'affaire de Penguily, un prieur de 1465 accusé de "maléfices, délits et mauvaise administration" (N. Andrejewsky, M.Simon) va déboucher sur la mise sous tutelle de l'abbaye sous l'autorité de celle de Boquen. Au début du XVIe siècle, le Concordat accroît les difficultés; les abbés sont désormais désignés par le roi dans la noblesse et non plus par l'Ordre Cistercien. Depuis les guerres de la Ligue et Henri de Rohan qui est protestant, l'abbatiale de Bon Repos n'est plus nécropole des Rohan. En 1583, Troïlus de Mesgouez, Marquis de la Roche, vice-roi de Terre Neuve, et aventurier sans scrupules pille l'abbaye jusqu'en 1606. L'abbaye, dépourvue des 2/3 de ses revenus se remet à peine de ces temps difficiles lorsque se déroule l'histoire de la "demoiselle de l'abbaye".
Le roi de France, Louis XIII (1601-1643) est lancé depuis 1635 dans la guerre de 30 ans. De nombreuses jacqueries sanglantes affectent les campagnes dans tout le royaume. L'abbé commandataire de l'abbaye est Claude II de Guillier qui meurt en 1646, remplacé par Michel Mazarin, le frêre du célèbre cardinal. Il ne réside pas sur place et ponctionne les revenus par l'entremise d'un régisseur. La situation est tendue car les Dîmes ne tombent pas, les vassaux des Rohan préfèrent s'en affranchir en devenant protestants! En 1636, le prieur est Jean Guegan (article sur ce blog, sur patrimoine de St Gelven, le calvaire de Trégnanton). Un jour de cette sombre année, une jeune fille, sans doute retenue contre son gré dans l'abbaye, décide de s'enfuir. Qui est-elle, et pourquoi est-elle retenue dans l'abbaye?? Toutes les hypothèses sont permises car l'histoire ne répond pas à ces questions...
Ruisseau de Kerouillé à Trégnanton en 2015(assec du lac)
Les anciens du pays racontent encore cette histoire qui peut se résumer ainsi: une jeune fille s'enfuit de l'abbaye... Elle suit le Blavet en rive gauche, descendant la vallée vers Mûr de Bretagne. Elle a parcouru plus de 4 kms quand elle entend des aboiements  de chiens lancés à sa poursuite. Elle franchit le petit ruisseau des sources de Kerouillé et Ty-lan-Vojo en arrivant sur Trégnanton, face à la butte de Malvran sur l'autre rive. Les chiens la rattrapent à cet endroit et se jettent sur elle. Que devient alors le corps mutilé de la malheureuse? Les anciens du pays se posent encore bien des questions à propos de cette histoire: qui était cette jeune femme et quel rôle  jouait-elle pour provoquer un lâcher de chiens volontaire, devait-elle garder le silence??
Trégnanton et son calvaire en 1636 (pastel PJ)
Un monument aurait été érigé par le prieur Guégan à l'endroit où s'est déroulé le drame (ce que semblerait conforter les écrits  de l'abbé Guitterel et la pierre gravée du prieur Guégan; article du 2/03/2018). Mais pourquoi un calvaire à l'emplacement de sa mort? Une recherche de rédemption?Une raison liée à l'importance de cette jeune fille qui aurait pu appartenir à une famille noble du pays?
Depuis ce temps, l'endroit est hanté par les âmes errantes de la demoiselle dont on cherche toujours le nom et une trace de sépulture, mais aussi de Lannezval tué pratiquement au même endroit deux siècles plus tard (affaire jugée en 1889, voir article du 10/04/2015 sur ce blog), et encore l'âme du Seigneur du Cours, tué le 21 février 1796 à Baraval... Dans les mois sombres de l'hiver, cette partie sauvage, silencieuse et préservée du lac de Guerlédan conserve son atmosphère étrange.Gardien de secrets perdus dans le dédale de l'histoire, Trégnanton n'est pas entré dans un schéma contemporain de l'exploitation touristique des rives du lac (malgré les tentatives de Léon Launay, maire et conseiller général de St Gelven dans les années 1980), et son calvaire conserve malgré lui la mémoire d'un temps bien plus ancien que lui.
NB: Florentin-Claude, Seigneur du Cours, né à Corlay en 1753, émigré à l'armée de Condé, chef de Division de l'armée catholique et royale de Bretagne, arrêté au village de Baraval en St Aignan et fusillé par une Colonne Mobile le 2 ventôse de l'an IV (21 février 1796) (infobretagne:Corlay). Baraval est le nom de l'écluse 125 située en aval de celle de Trégnanton mais qui n'existait pas au moment des faits.Cliquer sur les images pour les agrandir.

jeudi 19 avril 2018

Poème

Paroles printanières

Le soleil matinal éclaire sur la colline
Les anciennes demeures au silence obstiné.
Dans un espace clos aux murets éventrés
Aux rosiers renaissants carapacés d'épines,
L'ombre d'une présence qu'à l'instant je devine.

Etang des Salles en Ste Brigitte: mars 2018
Je revois les éclats de jours ensoleillés
D'un temps déjà si loin d'un étonnant mirage
Epidermes velours sous un ciel sans nuages
Et suave parfum de ces roses pourprées
Au ballet de nos ombres près d'un château ruiné!

Le soleil à nouveau colore le paysage
Illuminant le port des départs pour Cythère!
En passant sur les landes j'interroge le mystère
Et le charme discret de ces gorges sauvages.
Dans un vol de corbeaux passe un curieux présage...
Je m'égare en rêvant sur les anciens chemins
Où le vent désormais anime le silence.
Par ce nouveau printemps qui ramène à l'enfance
Je regarde les roses pousser en mon jardin.



Photo: affleurement de schistes de l' Ordovicien à andalousite, redressés, sur les bords de l'étang des Salles, rive de Sainte Brigitte (domaine privé).

jeudi 12 avril 2018

Patrimoine de Caurel, Côtes d'Armor

Statuaire ancienne de Caurel (22)

La commune de Caurel possède un patrimoine intéressant et aussi original que rare si l'on parle du  "mell beniget" ou "mel zantel" qui a fait l'objet de nombreux écrits. J'y reviendrai en traitant ce thème, sujet à nombreux débats! Dans la statuaire ancienne de son église paroissiale, il est possible de voir des statues de facture locale dont certaines sont du XVe, début XVIe siècle.
C'est le cas de cette Sainte Marguerite sortant du dragon qui représente satan ou le mal absolu! L'artiste s'est donné du mal pour sculpter un animal improbable et surtout non assimilable à un quelconque animal de la "création"... Nous sommes ici avant le concile de Trente et le sculpteur a les coudées franches pour réaliser son oeuvre. Cette oeuvre originale est faite dans un tronc d'arbre et constitue un monobloc qui, étonnamment, n'a pas fendu! On observe également l'utilisation curieuse des pigments: Marguerite en robe rouge (des martyres) entrant dans la gueule du monstre et sortant triomphalement en bleu, la couleur de la vierge!

La photo suivante est une autre version qui se trouve dans la chapelle de Rosquelfen en Laniscat cette fois et qui est de même époque (XVIe).




Dans la statue de Rosquelfen, les proportions sont inversées: la sainte couronnée (également en bleu) domine le dragon par sa taille. Ici, le dragon, animal tout aussi improbable qu'à Caurel est beaucoup moins terrifiant! Sa dentition fait penser à un animal du monde actuel de Walt Disney et son air soumis démontre la victoire éclatante de Marguerite sur le mal!
Sainte Marguerite est invoquée pour la protection des femmes enceintes ce qui explique sa représentation très fréquente dans la statuaire bretonne rurale. La mortalité infantile (enfants mort-nés, difficultés d'accouchement avec également mortalité maternelle...) a en effet été pendant longtemps un fléau redouté des familles.

vendredi 6 avril 2018

Poème

L'hiver encore

Ciel noir tourmenté
A mourir d'ennui
Un voile de pluie
Couvre la vallée

Je songe à l'hiver
Et à ses tempêtes
Leur souffle d'enfer
Le vent sur les crêtes
19 novembre 2017, côte du Morbihan. Photo "Le Télégramme"

Au Sud l'océan
Relance un assaut
Et noie sous les eaux
De sombres brisants

Le sol gorgé d'eau
Mon Dieu qu'il a plu!
Aujourd'hui c'est trop
Mais n'en parlons plus!

L'effet de la pluie
Pénètre les âmes
Savez-vous Madame
La mélancolie?

Le ciel est bien sombre
Le Daoulas torrent
Où passent les ombres
De vieux korrigans

Les choucas s'agitent
Sur des ruines nues
Quand le vent s'est tu
L'averse s'invite!

A quand donc le bleu
Les jours éclairés
Par le désiré
Soleil et ses feux?

mardi 3 avril 2018

Sculptures monumentales de la Vallée des Saints en Carnoet (22)

Les mégalithes contemporains de la Vallée des Saints à Carnoet (22)

Tête de Saint Gonery



La Vallée des Saint en Carnoet (voir articles antérieurs sur ce blog dans la rubrique "sculptures") attend son centième personnage qui doit traverser la Manche, en provenance de Cornouaille britannique. Le site est souvent qualifié aujourd'hui d'Ile de Paques bretonne et cette sculpture semble bien cautionner ce qualificatif. Bloc de granite clair (cliquer sur la photo pour l'agrandir), tête de Saint breton qui semble regarder le visiteur. Dans les brumes hivernales, ces sculptures géantes créent une atmosphère étrange, dans un silence étonnant lorsque les sculpteurs ne sont pas en activité dans la ferme proche et partie intégrante du site.








Au revers de la tête sculptée, l'artiste a poursuivi son oeuvre par ce bas relief étrange et en bas, à droite, le nom gravé du saint en question. Il est donc inéressant de suivre les explications du guide pour comprendre ce que le sculpteur a voulu représenter ici, en lien avec l'histoire légendaire de ce personnage.
Ces statues géantes disséminées autour de la motte féodale "Tossen Sant Gweltas" génèrent une étrange atmosphère dans ce lieu éloigné de tout, en pleine campagne bretonne, et attirent une foule de visiteurs durant toute l'année (plus de 300000 en 2017 selon certains sites qui traitent le sujet).







A proximité de Sant Gonery, ce ruminant d'environ quatre tonnes, garanti mille ans! et qui attend sa patine de lichens...

mercredi 28 mars 2018

Sculpture en mairie de Laniscat, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Origine du blason sculpté dans un bloc de granite visible dans les locaux de la mairie de Laniscat en Côtes d'Armor.
Blason avec couleurs d'origine reconstituées


 
Dans le document manuscrit rédigé par Frotier de la Messelière sur le manoir de Keriolet en Laniscat d'où vient cette pierre offerte à la mairie par un habitant de St Ygeaux qui la possédait, une description de ce blason considéré comme étant celui du Quellenec de Kerjacob, ne coïncide pas avec la description qui en est faite. Frotier de la Messelière décrit un double blason sur la grande cheminée du manoir de Keriolet avec une couronne de vicomte et d’un côté un blason de gueule à 7 macles (dont il ne précise pas la couleur). S’il s’agissait effectivement d’un blason de gueule, ce ne serait pas celui du Quellenec mais celui de Rohan, sauf que la date de 1717 gravée sur le blason ne colle pas avec cette hypothèse, ni le nombre de macles. Il faut donc penser que Frotier de la Messelière a pu se tromper en notant sous le blason : blason de gueules à 7 macles (au lieu de blason à 7 macles de gueules qui correspondrait alors bien à celui du Quellenec de Kerjacob).
Autre question : quel rapport en 1717 entre le seigneur de Keriolet et du Quellenec de Kerjacob ?? Dans la succession donnée par de la Messelière, on trouve de Bizien du Lezart, seigneur de Keriolet et du Quelennec… S’il s’agit du Quellenec de Kerjacob, la date est-elle compatible avec 1717 (n’est-ce pas les Gourdel à ce moment-là ?)
Fin 2017, l’examen détaillé de la succession de Kériolet permet de conclure enfin à l’existence des armes de la famille du Quellenec de Kerjacob dans ce domaine qui pourtant est propriété des Gourdel au début du XVIIIe siècle. Il s’agirait d’honorer un bienfaiteur de Kériolet au passage que l’on peut qualifier de furtif puisque huit ans plus tard, c’est le blason de Messire Tanguy Gourdel qui va figurer sur le socle du calvaire construit par la veuve de Gourdel, Dame Hamon, douairière de Kériolet en 1725 comme indiqué sur le socle de ce monument en reconstruction actuellement. En effet Tanguy Gourdel est seigneur de Kerglas, Keriolet, Keryvel et autres lieux, né à Laniscat le 27 novembre 1679, il y décède le 7 septembre 1724. C’est donc une erreur de description qui a semé le doute sur ce point enfin résolu aujourd’hui.Le blason déposé en mairie est bien celui de la branche du Quellenec de Kerjacob. Un grand merci à l’héraldiste Gérôme Caoüen du CGHP de Carhaix pour son aide précieuse.
Sources: H.Gourdon de Genouillac: "Recueil d'armoiries des maisons nobles de France" E.Dentu, Editeur à Paris 1860.
Armorial des familles de France. Selon cet ouvrage, il existe deux familles pour ce blason d'argent à 7 macles de gueules: du Quelenec de Kerjacob et de Becmeur.

mercredi 21 mars 2018

Rosquelfen-Bon Repos sur Blavet (22)

Hent roc'h markiz à Rosquelfen en Laniscat le 18 mars 2018



Voile de neige le 18 mars


Jardin sous la neige le 18 mars 2018. Pas vraiment le printemps!





Au sud de la vallée du Blavet, le bois de Gouarec en forêt de Quénécan le 18 mars 2018
(retouches premier plan)
Cliquer sur les images pour les agrandir.

lundi 19 mars 2018

Tableau de François Grenier

Fusain de François Grenier, recherche d'informations...

Fusain 48 x 38cm signé F. Grenier
Ce fusain (considéré comme une copie en 1950) a été un jour sous titré "diglañvadur eus aotrou person" qui en français signifie "la convalescence du curé", une scène qui semble donc correspondre à un village breton si l'on se réfère aux vêtements dans le style de fin XVIIIe, début XIXe siècle (mais quel village??). Cette période correspond bien à la signature de ce célèbre lithographe et peintre Francisque-Martin Grenier de Saint Martin, dit François Grenier, un peintre né en juillet 1793 à Paris, élève de David et Guérin, et mort le 19 décembre 1867 à Paris. Seulement voilà, cette oeuvre ne figure pas dans la liste des oeuvres répertoriées de ce peintre dont le style est pourtant reconnaissable. Le tableau laisse apparaître une multitude de petits détails extrèmement précis et le style est comparable à celui que l'on peut admirer dans les oeuvres de ce peintre bien connu.Alors, "La convalescence du Pasteur", titre qui figure au bas de l'oeuvre, va-t'elle inspirer des connaisseurs de François Grenier?

vendredi 16 mars 2018

Poème

Au revoir l'hiver!

Dans l'aquarelle du jour où s'invite le bleu
Ce pigment si précieux auquel soudain j'aspire
Je regarde pointer la vie et les sourires
Qu'apporte un temps de mars au soleil radieux
Triomphale lumière éclatant sous mes yeux
Bord de mer, fin du jour!

Ce matin coloré, je sors d'un long sommeil
En attente impatiente de parfums et de fleurs
De tous les chants d'oiseaux, de si fraîches couleurs
Cet appel du printemps qui toujours m'émerveille
Recevons sans contraintes les bienfaits du soleil!

L'hiver vient chaque année écrire en noir et blanc
Les instants ralentis de la vie si précieuse
Un monochrome utile aux saisons lumineuses
Précédant les semis de toutes fleurs des champs
Ce panel de couleurs aux parfums enivrants.
Alors adieu tristesse et au revoir l'hiver,
Ton monde obscur et froid de grisaille et silence
Où l'état dominant est celui de l'absence
La solitaire errance dans l'immense Univers.
Aujourd'hui meurt le gris pour enfin la lumière!

mardi 13 mars 2018

Patrimoine mégalithique breton

Le menhir de Men Marz (dit: "la pierre du miracle") en Plounéour-Brignogan-plages



Ce menhir serait aujourd'hui le mégalithe christianisé le plus haut de Bretagne avec ses 8m50 et ses 80 tonnes. Il est classé MH depuis 1889. Selon le site latribudanaximandre.com (photo jointe) il s'agirait de l'un des quatre plus hauts menhirs de France.
Ce monument en granite local possède la particularité d'être sans "racine", ce qui signifie qu'il est simplement posé sur le sol et tient debout par sa forme et sa masse. En effet, suivant l'angle d'observation du monument néolithique (érigé entre 5000 et 3000 avant notre ère), sa largeur à la base varie de 1m80 à 3m comme on peut le voir en comparant avec cette seconde vue (Wikipedia).


Sur cette seconde vue, le côté "brut" de la pierre apparaît nettement et l'on comprend comment il peut tenir debout sans fosse de calage. Ce mégalithe fait partie des pierres levées qui dépassent les huit mètres et qui sont toujours debout, comme "la chandelle" de Kergornec(22),le menhir de Kerlois (29), de Cailouan (8m) en Plésidy ou celui de Glomel près de Rostrenen: voir articles précédents sur ce blog dans la rubrique "géo-archéologie".

vendredi 2 mars 2018

Patrimoine de Saint Gelven: Bon Repos sur Blavet (22)

L'étrange histoire du calvaire de Trégnanton en Saint Gelven, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor.

Le calvaire de Trégnanton en décembre 2017
Le calvaire de Trégnanton devient pour moi un sujet de recherches en 2015. Cette année là, des milliers de visiteurs passent devant le monument pour descendre dans le lac de Guerlédan asséché et c'est au cours de l'une de ces expéditions au fond du lac que je découvre au détour d'une conversation avec des gens du pays que ce calvaire est une création récente d'une personnalité fort connue dans le canton de Gouarec, puisqu'il s'agit de Léon Launay, conseiller général (1960 à 1988) de ce canton et maire de St Gelven jusqu'en 1986. Avant cette découverte, j'étais persuadé que ce  calvaire qui possède dans son socle la fameuse pierre gravée du prieur Dom Jan Guégan de l'abbaye de Bon Repos était une reconstitution déjà ancienne d'un calvaire datant de 1636 (date gravée dans la pierre) et qui se trouvait sur les bords du Blavet jusque la Révolution. Il me semblait naturel que le calvaire ait été reconstitué à l'aplomb de l'ancien et bien entendu au dessus des eaux du lac! Chaque fois que je passais devant ce calvaire, je pensais à la tragique histoire de"la Demoiselle de l'abbaye" que je raconterai un jour.  Cette présence d'un calvaire sur le bord du Blavet est une découverte de l'année 2000, une période où je rédige des articles sur l'histoire du pays dans le cadre de l'association Gouarécaine "Les Historiques" et à cette occasion, je consulte des documents transmis par Annie Le Fouiller, gouarécaine passionnée d'histoire, et qui proviennent de l'ancien presbytère de Gouarec, vidé de ses archives en 1975 pour motif de vente du bâtiment à un industriel connu à Gouarec (famille Le Guéné). Parmi ces documents, un texte attribué au chanoine Guitterel, ancien curé de Gouarec de 1898 à 1920 (lire à propos de cette personnalité l'article du Kaïer ar Poher n°32 de mars 2011). Ce dernier fait état d'un calvaire sur le bord du Blavet à Trégnanton, détruit par les révolutionnaires (probablement entre 1792 et 1796) et dont les pierres seront récupérées par des paroissiens. Il parle aussi des actions de mise à l'abri de statues à Gouarec comme ND de la fosse et St Gilles. Ces dernières informations seront reprises par Soeur Geneviève  (des Augustines de Gouarec) dans un texte sur Gouarec et son histoire, puis par Pierre Le Dour et moi-même dans "Gouarec, Découverte du patrimoine" d'octobre 2014.
Pierre gravée de Dom Guégan, prieur de Bon Repos en 1636
En 2016, je retrouve la trace de cette pierre gravée dans le livre de Marc Jeanlin "Bon Repos, un site de confluence au coeur de la Bretagne" hors série n°4 édité par le CGHP. Mais ce dernier interprète un texte publié dans Gallica par Paul Guégan en 1878 (P69, note de bas de page qui parle des allées couvertes du Liscuis et décrit la pierre de Dom Guégan) en émettant l'hypothèse que la pierre ait pu faire partie d'un calvaire situé au Liscuis.  Je ne crois pas à cette hypothèse car la pierre se situe avant 1980 dans le socle d'un calvaire situé sur les landes de St Gelven entre Les Granges et Le Longeau. L'expression "non loin de là" (et non "à proximité") est compatible avec les landes de St Gelven qui sont sur l'autre rive du Daoulas par rapport aux allées couvertes du Liscuis. Alors comment et pourquoi cette pierre gravée se retrouve dans le socle d'un calvaire positionné selon l'ancien cadastre de la commune, sur les hautes terres du Longeau? Ce calvaire est connu comme le calvaire du Longeau, à la croisée de voies antiques et romaines. Ce calvaire est abîmé par une chute d'arbres, et laissé en l'état. Il est démonté pour créer celui, actuel, de Trégnanton. Ainsi la croix du calvaire et son socle granitique sont du calvaire du Longeau,la hampe raccourcie de quelques centimètres et à laquelle est rajouté le socle ou soubassement en schiste avec la pierre du prieur Guégan. Le monument est réalisé à l'initiative de Léon Launay et inauguré en 1981 (le curé de Gouarec qui participe à cette inauguration est François Failler).Je retrouve donc, grâce à Marc Jeanlin, l'un des constructeurs de ce calvaire: Mr Henrio de St Gelven qui me confirme l'origine des pierres.Nous savons aussi que  Trégnanton est une des premières propriétés des moines, Troguénanton en 1184, étant la première donation à l'abbaye du Vicomte Alain III de Rohan (vallée du Blavet de Gouarec à Troguénanton: charte de fondation de l'abbaye de Bona Requie).Alors en 1981, Léon Launay imaginait-il qu'en construisant un calvaire à Trégnanton en y intégrant la pierre du prieur Guégan, il ramenait la pierre à ses origines? Etrange histoire en effet, et hasard troublant....